Le sport, formidable levier d’émancipation des femmes

 

Bien plus qu’un jeu ou un divertissement, le sport est un formidable levier pour l’émancipation des femmes. Sportives, elles s’affirment au sein de leur famille et de la société en pratiquant des disciplines traditionnellement réservées aux hommes.

Langage universel et inspirant, qui réunit et qui fédère, le sport est capable de dépasser les frontières, les cultures, les croyances et les différences physiques. Le terrain de jeu devient un espace pour s’émanciper, se dépasser, partager et créer du lien social.

Le sport est aussi un excellent moyen de valoriser les capacités physiques et mentales des femmes, renforcer leur confiance en elles et leur autonomie, affirmer leur personnalité, et développer des capacités de leadership, dans des contextes où leur corps est souvent un enjeu social.

Malgré la popularité et l’importance du sport en Afrique, l'accès des filles et des femmes à une pratique sportive régulière ou aux fonctions de direction au sein d'organisations sportives est encore très limité.

En Afrique, dès le plus jeune âge, l’accès et la fréquentation des filles à l’école primaire et secondaire sont relativement limités par rapport aux garçons. Or, c’est souvent dans le cadre scolaire que les jeunes découvrent l’éducation physique.
Lorsqu’elles deviennent adolescentes, elles font souvent face à l’absence d’infrastructures adaptées, mais également aux a priori des parents, des professeurs ou des entraîneurs.

Les actions ponctuelles conduites pour favoriser l’essor de la pratique du sport par les femmes en Afrique, en s’appuyant notamment sur le tissu associatif local ou en partenariat avec les fédérations sportives, ont à ce stade eu un impact relativement limité.

La plateforme Sport en Commun assure la promotion régulière d’initiatives de développement de la pratique sportive féminine et l’accompagnement des porteurs de projets dans la recherche de financements dédiés.

 

Parcours de championnes

Elles brillent ou ont brillé par leur carrière sportive. Elles sont des sources d’inspiration pour de nombreuses femmes. Elles répondent aujourd’hui à de nouveaux défis.

Découvrez les projets à impact portés par une sélection de championnes engagées sur et en dehors des terrains :

 

Tegla Loroupe
Athlétisme
Tegla Loroupe
Athlétisme

« Le sport est sans limite… Il connecte les gens du monde entier indépendamment de la race, de la religion, des tribus ou du sexe. Expérimenter le pouvoir du sport à créer la paix est indescriptible. »

Originaire de la région montagneuse de Pokot dans l’ouest du Kenya, Tegla Loroupe est une ancienne athlète considérée comme la femme la plus rapide du monde sur de longues distances à la fin des années 90. Née en mai 1973 dans une famille de 24 frères et sœurs, Tegla courait chaque jour 18 km pour se rendre à l’école pieds nus. A l’âge de 13 ans, elle est sélectionnée dans l’équipe nationale d’athlétisme du Kenya, le début d’une carrière éblouissante. Spécialiste du marathon, elle est détentrice de plusieurs records du monde, de médailles et de distinctions à son actif.  

Elle a été la première femme africaine à remporter le prestigieux marathon de New York, une compétition qu’elle a gagnée à deux reprises. La championne du monde détient les records du monde sur 20, 25 et 30 kilomètres. Elle est triple championne du monde de semi-marathon. Ayant parcouru sur les pistes de grandes villes comme Londres, Boston, Rotterdam, Hong Kong, Berlin, Rome entre autres, elle devient une icône du monde de l’athlétisme et suscite ainsi le respect et l’admiration. Sa propre expérience fait d’elle un modèle pour les femmes et les filles du monde entier. 

En 2003, la championne lance la « Tegla Loroupe Peace Foundation » et met sa notoriété au service de la Paix et de l’Afrique. La mission de la fondation est de créer une coexistence pacifique des communautés belligérantes dans le nord du Kenya, le sud du Soudan, le nord-est de l’Ouganda, l’Éthiopie et d’autres zones de tensions du continent africain. Elle réussit à rassembler les membres des tribus en guerre à travers différentes initiatives telles que la « Tegla Loroupe Peace Race », (une course de 10 km en faveur de la paix), ou le programme de réhabilitation des guerriers réformés. L’édition 2006 de cette course comprenait 2 000 guerriers de six différentes tribus. La principale motivation de la course était de faire du sport un facteur fédérateur et contribuer à une plus grande harmonie.

Afin de vulgariser ses actions et d’avoir plus d’impacts sur son environnement, elle s’appuie sur l’éducation avec son Centre d’Education et de Paix pour les orphelins et les filles vulnérables. Elle est aussi impliquée dans la cause des réfugiés. Elle accueille une trentaine de réfugiés athlètes dans son centre d’entraînement et les prépare aux compétitions internationales. 

Tegla Loroupe est membre du club des Champions de la Paix, un collectif de 100 athlètes de haut niveau créé par Peace and Sport, organisation internationale basée à Monaco et œuvrant pour la construction d’une paix durable grâce au sport. Après Rio 2016, elle a été de nouveau nommée «chef de mission» de l’équipe de réfugiés pour les Jeux Olympiques 2020 à Tokyo (reportés à 2021).

Crédit photo: Tegla Loroupe
Laurence Fischer
Karaté
Laurence Fischer
Karaté

« Le sport place le corps des jeunes filles et des femmes victimes de viols de guerre au centre d’un processus de résilience. »

Issue d’une famille passionnée de sport, Laurence Fischer débute sa carrière en 1995 à l’âge de 12 ans sous les encouragements de son père. Réservée et timide de nature, elle utilise le karaté comme moyen d’expression de soi et de socialisation. Sa carrière sportive ne l’a pas empêchée de poursuivre ses études. Outre le fait d’avoir remporté deux titres mondiaux et quatre titres européens en individuel, elle réussit le concours d’entrée de l’ESSEC en 2003. Elle rejoint la région parisienne pour suivre une formation de trois ans. Elle sort diplômée en Master of Science in Management de la International Sports Marketing Chair. 

Qu’il s’agisse de son engagement sportif ou humanitaire, Laurence Fischer est une championne toute catégorie. La discipline, le dépassement de soi enseignés par son père féru de karaté et son potentiel hors du commun l’ont conduite à se familiariser avec le toit du monde. Sa carrière de 11 ans est couronnée de médailles d’or : 3 titres mondiaux (deux en individuel et un en équipe), 7 titres européens et 11 titres nationaux consécutifs. Lors de la dernière année de son cursus et de sa carrière internationale en 2006, Laurence remporte toutes les compétitions majeures de sa catégorie : Open de Paris, championnats de France, championnats d’Europe et championnats du monde. 

En 2014, elle se rend sur les rives du lac Kivu de la République Démocratique du Congo avec la fondation Panzi et l’équipe nationale dans le but de « soigner par le karaté » les blessures psychologiques et physiques des femmes abandonnées à leur triste sort. Pour officialiser et pérenniser son action, la triple championne du monde décide de créer la fondation « Fight For Dignity » en 2017. Laurence utilise la pratique du sport pour placer le corps des jeunes filles et des femmes victimes de viols de guerre au centre d’un processus de résilience. Elle déclare : « On leur offre des séances de karaté pour se défendre, mais l’idée c’était surtout de les aider à se réapproprier leur corps. Le fait de lâcher leurs cris en donnant des coups leur permettait de faire sortir leur colère, leur honte, tout ce qu’elles gardaient profondément enfoui en elles ». La jeune championne retraitée transmet sans retenue, aux femmes victimes de violences, sa force mentale acquise par des années d’entraînement et de compétitions. Sa mission est de dupliquer ce modèle d’engagement dans plusieurs pays, notamment en Afrique.

Placée sous l’autorité du Ministère des Affaires Étrangères et du Ministère des Sports, Laurence Fischer est aujourd’hui ambassadrice des Jeux Olympiques de Paris 2024 avec pour mission de faire rayonner le sport français sur tous les continents.

Crédit photo: Fight For Dignity
Nawal El Moutawakel
Athlétisme
Nawal El Moutawakel
Athlétisme

« Le sport joue un rôle efficace dans l’intégration sociale des jeunes et contribue à la consolidation des valeurs de l’excellence, du respect et de l’amitié (…) Il est primordial de protéger la santé des jeunes et les encourager à adopter un mode de vie sain et actif. »

Née en avril 1962 et athlète marocaine, Nawal El Moutawakel commence sa carrière sportive en 1978 et se distingue sur le plan international en 1982 en remportant deux médailles d’or (100m haies et 400m haies) lors des Championnats d’Afrique du Caire. Son succès olympique lui a valu une reconnaissance immédiate dans son pays et elle est très vite devenue une icône et une source d’inspiration qui va marquer le début l’émancipation de la femme marocaine. 

Son prestigieux parcours est couronné de médailles et de récompenses grâce à ses performances. Elle décroche les médailles d’or du 400 mètres haies aux Jeux méditerranéens en 1983 et en 1987, aux Championnats d’Afrique en 1982, 1984 et 1985, et aux Jeux universitaires mondiaux en 1987. Son plus grand exploit a été son titre olympique sur 400 mètres haies aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, car c’était une première dans l’histoire de l’athlétisme au Maroc, tout sexe confondu.En 1989, elle entame une carrière d’entraîneur après avoir obtenu sa maîtrise de sciences, option éducation physique de l’université américaine de l’Iowa.

Impliquée dans le gouvernement marocain, elle a été inspectrice au Ministère de la Jeunesse et des Sports (1989-1997), secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires sociales, responsable de la Jeunesse et des Sports (1997-1998) et ministre de la Jeunesse et des Sports (2007-2009). Membre dans différentes commissions au sein du CIO, elle a été nommée présidente de la commission d’évaluation du CIO pour les Jeux Olympiques de 2012. Dans la même année, elle est devenue la première femme d’une nation musulmane et arabe à être élue vice-présidente du Comité International Olympique. Elle est reconnue Chevalier de l’Ordre National du Lion décerné par le président du Sénégal Abdou Diouf (1998) et reçoit la Légion d’honneur du président français François Hollande en 2015. 

Nawel est membre fondatrice de la « Laureus World Sports Academy » et est reconnue dans la sphère sportive pour son dévouement et son engagement dans la lutte pour les droits de la femme dans le sport et l’intégration sociale des jeunes. Elle fait partie de la coordination des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2022. 

Crédit photo: Laureus
Nantenin Keïta
Athlétisme
Nantenin Keïta
Athlétisme

« La différence a toujours fait partie de ma vie. Je suis albinos et malvoyante. Mais aux Jeux, je suis une athlète. Parce qu’aux Jeux, il y a autant de pays que de handicaps. Aux Jeux, la différence a toute sa place. Aux Jeux, la différence est une force. »

Née en novembre 1984, Nantenin Keita est une athlète franco-malienne qui évolue en catégorie paralympique du fait d’une déficience visuelle importante. Détentrice d’un BTS en action commerciale et d’une licence en sciences de l’éducation, elle est aujourd’hui assistante des ressources humaines du groupe Malakoff Médéric. 

Nantenin Keïta n’a cessé de cumuler les médailles et trophées durant sa carrière. Championne du monde du 400 mètres malvoyant en 2006 et en 2015, Nantenin a également été médaillée de bronze à deux reprises aux Jeux Paralympiques d’été : sur 400 mètres en 2008  et sur 100m en 2012,. En En septembre 2016 à Rio, Nantenin a offert à la France sa septième médaille en décrochant l’or sur 400 mètres lors des Jeux Paralympiques à Rio. 

Elle est reconnue Officier de l’Ordre national du Mérite et Chevalier de la Légion d’honneur respectivement en 2008 et en 2016 par l’Elysée.

Avec l’appui de son père, l’illustre chanteur Salif Keita, Nantenin pilote à distance l’équipe de gestion de la Fondation Salif Keita basée à Bamako. La fondation œuvre pour la reconnaissance des droits des enfants albinos. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie de l’enfant en général, de l’enfant albinos en particulier afin d’assurer leur émancipation et à leur insertion socio professionnelle. Aujourd’hui, le combat se traduit par la distribution de plus de 50 000 tubes de crème solaire aux albinos du Mali et de Guinée mais également à la prise en charge de leurs frais de consultations ophtalmologiques et dermatologiques. 

La fondation assure en même temps la recherche de financement du centre d’Education et de Formation des Enfants Albinos du Mali (CEFEA), un lieu d’information, d’écoute, de prise en charge totale de l’éducation et de formation professionnelle pour les enfants adolescents et adultes albinos. 

La discrète trentenaire est ambassadrice des droits des personnes atteintes d’albinisme. A sa participation à la session olympique à Lima en 2017, elle défend les droits des handicapés et considère que la différence est une force à exploiter. Elle affirme que son combat est de favoriser l’insertion des personnes handicapées et leur évolution tout au long de leur carrière professionnelle. 

Crédit photo: Charlie Crowhurst
Clémentine Natogoman Touré
Football
Clémentine Natogoman Touré
Football

« La presse et l’opinion m’ont immédiatement rejetée. J’étais soi-disant trop jeune et inexpérimentée… En fait, j’étais une femme ! Je suis partie et j’ai alors pris l’engagement de devenir une grande entraîneur et de prouver aux yeux du monde entier qu’une femme pouvait réussir. »

Après une carrière de joueuse honorable passée entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, dont 22 sélections chez les Éléphantes entre 1995 et 2002, Clémentine Natogoman Touré décide de suivre les pas de son père entraîneur. Professeur certifiée d’éducation physique et sportive à la direction des sports de haut niveau au ministère des sports ivoirien, Clémentine devient titulaire d’une licence A-Caf au Centre technique national de football de Bingerville, soit le plus haut grade qu’un entraîneur puisse obtenir en Côte d’Ivoire. Ainsi diplômée, elle se reconvertit comme entraîneur avec le club ivoirien des Amazones de Koumassi. En 2006, elle est sélectionnée pour diriger l’équipe nationale ivoirienne féminine; une nomination qui n’aboutit malheureusement pas car elle est jugée « jeune et inexpérimentée».

Quelques mois plus tard, elle est retenue pour entraîner l’équipe équato-guinéenne d’Aguilas Verdes. Suite à un succès en championnat, elle est promue à la tête de la sélection de la Guinée Equatoriale avec qui elle remporte le Championnat d’Afrique féminin de 2008. Devenue entraîneur de l’équipe nationale ivoirienne, elle permet aux Éléphantes de franchir les qualifications sous sa houlette et de participer à leur première compétition continentale en 2012. Elle décroche une inattendue troisième place qualificative pour la Coupe du Monde féminine de football. Après deux compétitions africaines, elle conduit les Éléphantes au Mondial féminin au Canada en 2015. Elle remporte une médaille d’argent à la deuxième édition du tournoi UFOA B 2019 Dames avec cette même sélection ivoirienne.

Son professionnalisme et ses actions en faveur de la promotion du football féminin en Afrique sont largement reconnus. Très engagée lorsqu’il s’agit de défendre la place de la femme dans les sports de haut-niveau notamment dans le football, Clémentine a été nommée instructrice permanente de la FIFA. Elle a pour rôle de promouvoir le développement du football sur le continent africain. Les programmes couvrent une large gamme de sujets, dont le football local, la formation des jeunes, les championnats et les compétitions, le perfectionnement des cadres et de l’expertise. 

Serena Williams
Tennis
Serena Williams
Tennis

« Ma mission est d’aider les individus ou les communautés touchés par une violence insensée et d’assurer aux enfants un accès à l’éducation. »

Née le 26 septembre 1981 à Saginaw dans l’État du Michigan, Serena Williams grandit avec sa famille dans la banlieue de Los Angeles où son père la pousse vers le tennis aux côtés de sa sœur Vénus, qui deviendra elle aussi une joueuse de première catégorie. Avec son style jeu basé sur un service et des coups de fond de court très puissants, elle a tenu le rang de première joueuse mondiale pendant 186 semaines consécutives entre 2013 et 2016, un exploit réalisé uniquement par Steffi Graf en 1987.

Sur le circuit professionnel depuis 1995, Serena Williams possède à ce jour l’un des plus beaux palmarès du tennis mondial. Elle a remporté à ce jour 39 titres du Grand Chelem en individuel et en équipe, avec 7 Open d’Australie, 3 Roland-Garros, 7 Wimbledon et 6 US Open en simple, 4 Open d’Australie, 2 Roland-Garros, 6 Wimbledon et 2 US Open en double dames avec sa sœur Venus Williams et 1 Wimbledon et 1 US Open en double mixte. L’ensemble de ces résultats font d’elle la première joueuse de l’histoire à avoir tout gagné en carrière en simple comme en double. Quatre fois médaillée d’or aux Jeux Olympiques, Serena est l’une des plus grandes joueuses de tennis de de tous les temps. 

En dehors des courts de tennis, Serena Williams encourage la promotion de l’équité des sexes et l’amélioration des environnements éducatifs à travers sa fondation « Fonds Serena Williams ». Elle affirme que sa mission est d’aider les individus ou les communautés touchés par une violence insensée et d’assurer un accès égal à l’éducation aux jeunes. La championne du monde a réalisé des missions exceptionnelles en utilisant ses propres ressources et en établissant des partenariats avec d’autres fondations dédiées à la fourniture et à l’amélioration de l’éducation pour les personnes en difficulté ou dans les pays en développement. Elle a collaboré avec Helping Hands Jamaica pour aider à ouvrir une nouvelle école primaire appelée Salt Marsh Primary School. Son engagement a été total puisqu’elle a participé à la construction de cet établissement en martelant à l’intérieur et en peignant elle-même les murs. 

Toujours dans ses œuvres caritatives, Serena a aussi construit des écoles dans d’autres pays, notamment en Ouganda, au Zimbabwe et en Jamaïque. Elle utilise aujourd’hui ses différentes plateformes pour encourager l’empowerment des femmes. Icône du milieu sportif et figure d’exemple, elle utilise sa propre expérience pour libérer la parole des femmes sur la question de la grossesse et de la maternité dans le sport.

Gwladys Epangue
Taekwondo
Gwladys Epangue
Taekwondo

« Je défends ardemment la position du CIO vers l’égalité totale entre hommes et femmes dans le domaine sportif, comme dans celui de l’encadrement et des instances dirigeantes. »

D’origine camerounaise, Gwladys Patience Epangue est née le 15 août 1983 à Clichy et commence la pratique du taekwondo en 1994 à l’âge de 11 ans au club local de La Courneuve. La jeunesse de l’athlète, troisième d’une fratrie de cinq enfants, est marquée par l’emblème des arts martiaux dans le monde, Bruce Lee. En 1997, elle devient vice-championne de France dans la catégorie cadettes et poursuit sa formation à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance). Grâce à ses compétences, elle domine largement ce sport en France et est sélectionnée pour la première fois aux Jeux olympiques d’Athènes de 2004.

Médaillée de bronze aux JO de Pékin en 2008, double championne du monde et triple vice-championne du monde, Gwladys Epangue compte également à son palmarès trois médailles d’argent mondiales, sept médailles européennes dont trois titres aux Championnats d’Europe, et quinze titres de championne de France. Gwladys met un terme à sa carrière le 29 novembre 2016 à l’âge de 33 ans.

La championne du monde démontre que le taekwondo ne se résume pas uniquement à un combat sur le tatami. Juste après sa retraite, elle devient chargée de communication au sein de la Fédération Française de Taekwondo afin de contribuer au rayonnement de ce sport au niveau national et international. Son engagement est axé sur l’équité des sexes dans le milieu sportif. Considérant le sport comme l’une des portes d’entrée vers l’égalité des sexes, elle affirme « Il est important de donner l’envie aux jeunes filles de pratiquer, parce que demain, même si elles ne deviennent pas des sportives de haut niveau, rien ne les empêchera de devenir des dirigeantes de haut niveau ». Grâce à ses actions menées au sein de la fédération,l’engagement a été pris d’atteindre une parfaite égalité des sexes pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

Chef de mission de la délégation française aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2018 à Buenos Aires, elle fait partie de la commission des athlètes, une instance de 18 sportifs présidée par Martin Fourcade qui travaille à la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. 

Crédit photo: Gwladys Epangue
Siraba Dembélé
Handball
Siraba Dembélé
Handball

« Mon objectif à travers SolidAfrique est de réunir les compétences de chacun afin de faciliter les œuvres de bienfaisance pour le continent africain. »

Issue d’une famille malienne de quatre frères et trois sœurs, Siraba Dembélé est une handballeuse internationale française évoluant au poste d’ailier gauche. Née en juin 1986, elle découvre ce sport en 1996 en accompagnant sa grande sœur Kamion à l’entraînement. Elle y enfile pour la première fois un maillot du HBC Vallée d’Avre. A ses 15 ans, elle rejoint le club de Dreux AC avant d’être recrutée par le Mérignac en 2004. A seulement 18 ans, Sira débute en première division en inscrivant 18 buts au cours de cette saison d’apprentissage. Elle participe au championnat d’Europe 2006 et remporte la médaille de bronze avec la France. Siraba ne se projetait pas dans le haut-niveau jusqu’à sa première sélection en équipe nationale le 26 mai 2006 contre la Turquie. Elle décide alors d’arrêter ses études d’expert-comptable et de se focaliser sur sa carrière professionnelle. 

C’est le début d’une montée en puissance. Elle est élue meilleure joueuse du championnat de France en 2011, cinq fois meilleure ailière gauche du championnat de France de 2008 à 2012 et deux fois meilleure ailière gauche de la Ligue des champions en 2015 et 2018. En équipe de France, elle est notamment vice-championne olympique en 2016 et  reçoit la distinction du Chevalier de l’ordre national du Mérite. Elle devient championne du monde en 2017 puis championne d’Europe un an plus tard. Capitaine de l’équipe nationale, Sira est, à 33 ans, la handballeuse la plus titrée de l’histoire de l’équipe de France féminine avec 5 médailles à son palmarès. En 2019, l’ancien gymnase Condorcet de Saint-Lubin-des-Joncherets en Eure-et-Loir est rebaptisé de son nom afin de lui rendre hommage. 

Active hors des terrains de jeu, Sira s’engage à assister les jeunes africains à travers sa Fondation SolidAfrique dont les œuvres sont principalement orientées vers l’éducation et l’accès à la santé des populations défavorisées. Siraba souhaite favoriser l’éclosion de dispensaires, d’écoles, d’orphelinats en partenariat avec des entreprises privées, des collectivités locales et des sportifs de haut niveau. Aussi, ambitionne-t-elle d’aider à trouver des soutiens logistiques, financiers, mais avant tout moral pour des associations dans le besoin pour la réalisation de leur projet humanitaire en Afrique et particulièrement au Mali. Ventes aux enchères, dons, mécénats, concert de solidarité, récupération de matériels sont des leviers que SolidAfrique souhaite activer.

Crédit photo: France 24
Djatougbe Nathalie Noameshie
Volleyball
Djatougbe Nathalie Noameshie
Volleyball

« Dans la vie, il faut se fixer des objectifs et travailler dur pour les atteindre avec une bonne dose de volonté et de courage. Car lorsqu’on est motivé, on a de la volonté et si on est déterminé, on a du courage. »

Ancienne joueuse professionnelle de volleyball, Nathalie Noameshie intègre le club Etoile Filante de Lomé au poste de Centrale et ensuite la sélection universitaire avec laquelle elle dispute en 1999 les Jeux universitaires d’Accra. Passionnée et engagée, elle est reconnue Meilleure joueuse centrale à Lomé en 2003 et décroche ainsi une sélection de l’équipe nationale en 2004 pour le tournoi international de la Francophonie et de la Solidarité. Elle est reconnue comme arbitre de volley-ball en 2004 après avoir réussi au « International Referee Candidates Course (Ircc) » à Tunis en novembre 2004. 

Depuis, Nathalie continue à gravir les échelons de l’environnement sportif. Ancienne joueuse professionnelle de l’équipe nationale de volley, elle devient la première femme arbitre internationale de volley pleinement qualifiée en Afrique en 2008. Elle est ensuite élevée au rang de vice-présidente du Comité National Olympique du Togo. En 2010, elle reçoit le Grand prix de l’excellence féminine « Hoinyigan » de l’AFRIMUSE, une organisation artistique et culturelle, spécialisée dans la promotion de la femme togolaise et africaine. Elle décroche en 2013 un Master en Affaires Internationales avec un spécialisation en Marketing International et Réseaux. Membre de la commission Femme et Sport de l’Association des Comités Nationaux Olympique de l’Afrique grâce son expertise et à son engagement, elle est aujourd’hui directrice adjointe de la CONFEJES à Dakar. 

Dans le but de former des femmes leaders pour l’avenir, Nathalie met en place un projet sportif nommé « Jeune Fille Leader par le Sport et le Développement du Volleyball Féminin ». Son objectif est de transmettre le message sur les valeurs de l’olympisme, l’excellence, le respect, l’amitié et aussi de leur inculquer cette culture de la pratique sportive qui va développer en elles la confiance en soi la détermination et le courage. Lauréate du Trophée CIO « Femme et Sport » 2019 pour l’Afrique, Natalie souhaite transmettre son savoir et son expérience en tant qu’ancienne volleyeuse à cette nouvelle génération. 

Crédit photo: Togo Presse